Les colères du Soleil
16 septembre 2005
Préambule : Les armes de diffusion massive
Je suis très fatigué. Très souvent les yeux me brûlent à force de passer quotidiennement toutes ces heures devant cet écran. Depuis la mort de mon fils, il y a 15 ans je n'ai jamais pu me passer de drogues diverses pour dormir, en dépit de multiples tentatives de seuvrage. Quelque fois cela ne marche plus quand je tire un peu trop sur la ficelle et que j'atteins le seuil du surmenage. Quand mes lecteurs voient le rythme avec lequel de nouveaux dossiers apparaissent ils doivent bien s'imaginer que cela ne se fait pas d'un coup de baguette magique.
Je dois aussi faire un tri, souvent sommaire, sur tout ce que les lecteurs m'envoient. Je ne peux pas ... tout traiter. J'y passerai mes jours et mes nuits. Chaque jour je reçois des dossiers, des pièces. Les intégrer en ajoutant un minimum de commentaire, en positionnant tous les liens ad hoc demande des heures et des heures. Ce qui m'incite à continuer c'est la régulière montée du nombre des consultations quotidiennes, depuis des années, et tous les messages de soutien que je reçois, quotidiennement. Je persiste à croire que tout n'est pas perdu sur cette fichue planète, que le monde n'est en fait aux mains que d'un petit nombre d'imbéciles auxquels, hélas, les gens de bonne volonté, les gens honnêtes, s'en remettent. Le plus grave est que dans son ensemble notre grande presse désinforme plus qu'elle n'informe, par compromission ou par ... incompétence. Nous avons commencé à nous en douter il y a seulement quelques années. Maintenant ... c'est une certitude pour beaucoup d'entre nous.
Tout cela fait que je n'ai pas encore eu le temps de composer le rapport annuel du GESTO, que mes adhérents attendent patiemment depuis des mois. Ca n'est pas rien et tourne chaque année autour de 40 pages en petits caractères, presque un livre. Il faut que je m'y mette. Aujourd'hui, j'espère...
Je suis particulièrement attentif à la dernière expérience que j'ai initiée, consistant à proposer à des lecteurs de leur retourner deux CD avec des fichiers gravés dessus, dont l'un est une copie du document produit par Jimmy Walter et l'autre porte une évocation très suggestive des réactions de la presse française face à ce dossier brûlant du 11 septembre 2001. A mon avis ce second document déshonore la presse française, gravement. La structure de ce document est proprement hallucinante, quand on l'analyse plan après plan, phrase après phrase. L'intérêt est que le lecteur dispose de deux sons de cloche, diamétralement opposés, pour se forger sa propre opinion.
Ce qui est important aussi c'est que les gens qui se procurent ces CD par cette voie font une démarche. Ils doivent prendre deux enveloppes, écrire leur nom et leur adresse, affranchir, joindre deux CD vierges, aller mettre tout cela dans une boite aux lettres. C'est plus qu'un simple clic de souris. Il y a des chances alors qu'ils visionnent complètement les documents, ce qui ne serait pas certain s'ils les recevaient gratuitement, sur simplement demande.
C'est aussi une façon de diffuser des informations avec un système de chaîne, car plusieurs lecteurs se sont proposés pour graver à leur tour des copies et je vois que tous turbinent chaque jour dans leur coin, comme moi. Plus il y en aura, mieux cela vaudra. Des gens me demandent "que pourrais-je faire ?". Réponse " par exemple : ça ".
Pour le moment j'ai encore suffisamment de soucis d'argent pour être contraint de vendre des CD. Ma fille et sa mère absorbent, sans le moindre complexe, 42 % de ma retraite, ce qui représente 92.000 F par an, 13.800 euros. Confortable pour des pensions. Mais elles n'en ont cure.
A terme si je peux boucler mes fins de mois autrement, je mettrai tous mes CD, toutes mes oeuvres en accès libre gratuit, y compris la copie de mon site ( 700 mégas ). Cela ne peut être encore maintenant qu'un projet, en l'état, mais cela montre la puissance de cette manière de diffuser l'information. Mettre des fichiers en téléchargeable gratuit est une chose.C'est déjà le cas pour toutes mes bandes dessinées dans les langues étrangères. Mais télécharger recquiert du temps.
Proposer au gens de leur renvoyer une masse de fichiers gravés sur un support qu'ils envoient eux-mêmes, avec une enveloppe affranchie pour la réponse représente une arme de diffusion massive. Il faut 15 minutes pour graver 700 mégas. Ce qui démultiplie l'action c'est le fait que des gens se proposent comme graveurs bénévoles. C'est le cas pour l'opération mentionnée dans cette page consacrée à reopen911. Je ne sais quelle sera l'importance de l'action, mais ce qui est important c'est le concept qui permet de servir à domicile des centaines de mégas d'information, que les gens peuvent alors consulter tout à loisir. Des informations qui les instruisent ou les informent ( du moins, j'espère ). Parfois aussi, elles les distraient. Ceux qui suivent l'actualité sur mon site ont pu remarquer sur ma page d'accueil la présence d'un petit coeur rouge, en bas, à droite. C'est là qu'il faut cliquer quand on ne se sent pas le coeur assez bien accroché pour encaisser le flots de nouvelles dramatiques qui nous parviennent quotidiennement des quatre coins du monde.
Le Soleil en furie
C'est le titre d'un mail que m'a envoyé un de mes pourvoyeurs d'informations, Mike Arnold. Sa source :
Je me souviens de discussions que nous avions eues, Souriau et moi, à propos du réchauffement planétaire. Bien sûr, les émissions de gaz à effet de serre n'arrangent pas les choses. Mais il n'est pas sûr que le principal responsable de ce phénomène correspondent à ces émissions. Le Soleil joue un rôle majeur dans l'évolution du climat terrestre, de deux façons.
- Il y a d'abord la quantité d'énergie qu'il émet. Elle n'est pas constante. De faibles variations sont susceptible de produire un réchauffement ou une glaciation sur notre astre froid. En fait on connaît très mal le fonctionnement de l'étoile autour de laquelle nous gravitons depuis quatre milliards et demi d'années. On n'a pu, au fil des siècles qu'enregistrer les fluctuations de l'émission de rayonnement.
- Mais le second effet que peut avoir le Soleil sur notre climat est d'essence différente. Il s'agit des éruptions solaires. Là encore on connaît mal leur mécanisme. De même que personne n'est présentement capable de donner une description cohérente de la géométrie interne du champ magnétique solaire, par plus que de sa géométrie externe. Les lecteurs savent-ils qu'elle est ... quadripolaire ?
La Terre est un dipôle magnétique. Le Nord magnétique ( qui est en fait un "sud", mais peu importe ) coïncide grosso modo avec le nord géographique. L'autre pôle est proche d'une pôle sud géographique. Nous ne savons absolument pas quelle est l'origine de ce magnétisme terrestre. Certains parlent "d'effet dynamo" mais cela reste un mot ( comme beaucoup de choses dans la science contemporaine ). Nous n'avons aucun modèle, aucune simulation numérique qui permettent d'expliquer l'apparition ex-nihilo d'un tel champ. Nous ne savons pas non plus pourquoi ce champ dérive en continu.
Nous savons par contre, en effectuant des mesures de paléomagnétisme sur des coulées de lave successives, que ce champ s'est carrément inversé, à plusieurs reprises. Et encore une fois nous ne savons pas pourquoi ce champ c'est inversé, ni à quel vitesse ce phénomène s'est produit. Or ceci est une information capitale car ce champ d'une fraction de gauss est un bouclier qui nous protège du vent solaire, un intense bombardement de particules. Celles-ci sont des protons et des électrons émis par le Soleil, à très grande vitesse. Ce dossier explique, sinon la raison de l'apparition des "taches solaires", du moins pourquoi ces éruptions solaires créent des particules à haute énergie, correspondant à un plasma porté à des millions de degrés, beaucoup plus énergétique que la surface même du Soleil, dont j'ai oublié la température exacte. Je ne voudrais pas dire de bêtises. 6000°, je crois. Le dossier " couronne solaire " donne un dessin de la " magnétosphère terrestre ".
La magnétosphère terrestre
Dans ce "vieux" dessin de 2001 j'avais représenté les "ceintures de Van Allen" - en gris - constituées par des ensembles de particules chargées piégées par la magnétosphère et faisant l'aller-retour entre les deux pôles magnétiques, qui se les renvoient comme deux raquettes de ping-pong. Ces particules émanent du vent solaire. Comme expliqué dans le dossier mentionné, les taches solaires ne sont que les "pieds" d'immenses arches magnétiques qui se comportent comme des accélérateurs de particules géants. Ces systèmes émettent alors des particules chargées qui constituent le "vent solaire". La Terre est alors placée dans ce flux comme un objet immergé dans le jet " d'une soufflerie supersonique ". La vitesse de particules, dont la densité est de quelques noyaux et électrons par centimètre cube, si je me souviens bien, excède la vitesse du son dans le plasma constituant la magnétosphère terrestre ( les ceintures de Van Allen ) . La vitesse du son, c'est à dire la vitesse de propagation des ondes de pression dans ce plasma. Cette propagation est plus complexe que dans un gaz neutre, mais toujours est-il qu'il se forme devant la Terre une véritable onde de choc, ou la densité des particules chargées et accrue. Ce flux s'enroule alors sur les lignes de force du champ magnétique terrestre, comme indiqué dans la figure ci-après.
Interaction magnétosphère terrestre, vent solaire
Il y a deux cas de figures.
- Soit ( en haut ) la particule a une énergie modérée et elle ne parviendra pas jusqu'aux hautes couches de l'atmosphère terrestre. Elle subira un effet de rebond et se retrouvera piégée dans cette "bouteille magnétique" en faisant des aller-retours entre les deux régions boréales.
- Soit ( en bas ) elle sera suffisamment rapide, franchira cette barrière et s'en ira exciter les hautes couches de l'atmosphère terrestre. On obtiendra ce qu'on appelle une aurore boréale, lesquelles ne sont visibles que depuis des localités correspondant à une latitude en général élevée. Ci-après la photo d'une aurore récente, prise en Finlande
Photographie d'une aurorore boréale. 10 septembre 2005, Saarjijarvi, Finlande. Photo : Jakko Rosenström
La forme spiralée de ces aurores traduit l'enroulement des particules chargées le long des lignes de force du champ magnétique terrestre. Quand l'observateur est juste en dessous le point d'impact des particules, il voit ceci :
11 septembre 2005. Ile d'Orléans, Québec. Photo Philippe Moussette
La géométrie magnétique du Soleil a été découverte dès qu'on a pu envoyer une sonde circumsolaire, munie d'un magnétomètre. Et alors là, surprise : le Soleil a un champ quadripolaire, avec deux pôles nord et deux pôles sud, situés près de son équateur.
Structure magnétique de l'environ du Soleil
Les lignes de force du champ magnétique sont tordues comme les jets d'eau issus d'un tourniquet de jardin, du fait de leur interaction avec leur environnement de gaz ionisé.
Des lecteurs ont voulu en savoir plus sur cette étrange géométrie magnétique du Soleil. La vérité est que cela reste pour nous un mystère complet. Nous ne savons rien de la façon dont ces lignes de force se bouclent à l'intérieur de cette boule de plasma qu'est le Soleil, ni " quelle est la raison suffisante " de ce phénomène, comme dirait ce cher professeur Panglosse. C'est pour cela qu'on en parle aussi peu. Les scientifiques n'aiment guère voir évoquer ce qui signale leur ignorance. Tout ce qu'on sait c'est que ces lignes de force s'étalent dans un plan et tendent à canaliser le vent solaire, totalement ionisé et lié aux lignes de force du champ magnétique "comme le peigne est lié aux cheveux". Les "cheveux" ( les lignes du champ magnétique ) servent de guide, de rails pour le "peigne" ( les bouffées de plasma émises ), mais le "peigne" ( les masses de gaz ionisé ) à son tour réarrange le déploiement des "cheveux". C'est le propre des milieux "à nombre de Reynolds magnétique élevé". Le résultat est que les éruprions solaires perturbent l'arrangement régulier de cette "chevelure du Soleil", de cette structure magnétique spirale qui, entre deux éruptions tend à reprendre une forme plus régulière.
On aurait pu deviner que ce champ n'était pas dipolaire en regardant les images obtenues de la couronne solaire, soit au cours des éclipses, soit à l'aide d'un coronographe ( disque masquant le Soleil ). Le vent solaire, le plasma émis par le Soleil suit les lignes de champ magnétiques ( parce que cette MHD-là est à " nombre de Reynolds magnétique fort "par opposition au plasma bitempérature "d'Aurora" qui est à "nombre de Reynolds magnétique faible. Ce sont deux MHD qui n'ont pratiquement rien de commun. Mais c'est la première que vous verrez abondamment décrite dans Internet. La seconde est confidentiel défense );
J'ai été surpris de découvrir, en allant voir une éclipse de Soleil depuis le nord de la France, il y a quelques années, qu'on pouvait voir la couronne solaire à l'oeil nu, ce que j'ignorais. C'est exactement l'image en haut et à droite. Un spectacle magnifique. Je me rappelle que ce jour-là, après avoir eu "la totale : l'ombre de la Lune arrivant en contre-bas, dans une vallée, à 2000 km/h, les oiseaux affolés qui volent soudain au ras du sol, etc, je m'étais dit :
- Franchement Dieu, pour les effets spéciaux, il ne craint personne.
Je ne sais plus à quelle époque de l'antiquité ( &&& mais peut être un lecteur nous trouvera-t-il cela ) deux armées Grecques s'apprêtaient à en découdre. Soudain Appolon, se voilant la face, entraîna la déroute des deux partis, dans des directions opposés.
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On a de très bonnes raisons de penser que cette géométrie magnétique solaire a pu basculer dans le passé. A cause de la " svtastika " de la croix gammée ( beaucoup plus ancienne en tant que symbole que ce qui fut récupéré par un bonhomme moustachu de sinistre mémoire ). Si ça s'est produit dans le passé, nos ancêtres ont pu le voir ... à l'oeil nu.
Les astronomes sont en général assez discrets sur cette partie de nos connaissances astronomiques. Mais c'est un un fait d'observation qu'il est inutile d'occulter.
Pourquoi ce système magnétique aurait-il basculé ? Est-il "auto-instable" ? Nous n'en savons en fait rien, et c'est la même chose pour le champ terrestre. Il y aurait une possibilité : que notre système solaire soit visité périodiquement non par une comète mais par un fragment de noyau de supernova, un bloc de fer transportant avec lui son propre champ magnétique, originel, avant l'explosion de l'étoile géante. Les astronomes commencent (enfin) à penser que le Soleil n'est pas né tout seul, mais dans un amas ( "lâche" ) de plusieurs centaines d'étoiles, qui s'est depuis longtemps disloqué à la fois par effet de marée et par effet de fronde. Cet amas originel, ( mais tout cela n'est que conjectural ) aurait été constitué par des centaines d'étoiles de faible masse, des étoiles ayant une masse voisine de celle du Soleil ( qui est pratiquement "l'étoile standard" de notre galaxie ) plus quelques étoiles très massives, dégénérant vite en supernovae avant même que l'amas ne se disloque. Ce sont elles qui auraient enrichi notre proto-système solaire en éléments lourds, constituant plus tard les planètes telluriques, comme la Terre. Mais ces mêmes étoiles avaient toutes des noyaux en fer. Le fer est la cendre ultime de la fusion. Au delà on ne trouve plus de réactions de fusion exo-énergétiques. Les éléments qui se situent au-delà du fer on été constitué avec un apport d'énergie, dans l'explosion finale de l'étoile. C'est le phénomène des supernovae qui remplit les cases de la table de Mendéléiev, au delà du fer, ainsi que les éléments radioactifs, de périodes variées.
Qu'est-il advenu de ces noyaux de fer ? Nous n'en savons rien. Peut être est-ce un de ces débris qui, frappant la Terre de plein fouet, aurait donné naissance à la Lune ( thèse catastrophiste à laquelle les astrophysiciens se décident enfin à adhérer ). Peut être le champ magnétique terrestre n'est-il rien d'autre que le champ créé par ce noyau central, ce qui aurait au moins l'avantage de la simplicité.
Que peut-ils se passer si un autre débris de supernova passait à proximité de la Terre, ou du Soleil ? Pourrait-il, alors que son champ gravitationnel serait assez faible, modifier la géométrie magnétique de ces deux objets ? Il me semble que c'est une question d'énergie. L'énergie magnétique liée à un objet est :
Il s'agit d'ordres de grandeur, de valeur de champ et de volume. Le champ magnétique terrestre intéresse de grands volumes, mais il est faible : 0,6 gauss pour la composante horizontale, sous nos latitudes et 0,4 pour la composante verticale, si je ne m'abuse. Un morceau de supernova pourrait charrier un champ dix mille fois plus intense. Ce frôlement, hors de l'atmosphère terrestre, pourrait-il entraîner le basculement des pôles magnétiques ? Bonne question, sujet de thèse. Quelle serait son action sur le noyau de fer de la Terre ? Très intéressante question. Second sujet de thèse. Si on considère ce noyau de fer comme un dipôle, il va interagir avec le noyau de fer, au sein duquel règne en principe un champ magnétique beaucoup plus intense que celui qu'on mesure à la surface de de la Terre. Donnons une image. Dans une boussole l'aiguille aimantée est libre par rapport au boîtier de laiton. Le (vrai) pôle nord de cette "aiguille" s'oriente vers la nord géographique Ng de la Terre qui coïncideà quelque chose près avec son " pôle sud magnétique Sm de notre planète ".
Imaginez que vous déplaciez un tout petit aimant, développant mille Gauss en sa surface ( un minuscule fragment de " Ticonal " ). Le champ qu'il créera sera supérieur au champ terrestre et il fera basculer, le temps de son passage, l'aguille aimantée de la boussole. Si celle-ci était liée au boîtier de laiton, celui-ci ... tournerait également, bien qu'il ne soit pas, lui, fait d'un matériau magnétique.
Possible interaction entre la Terre et un fragment du noyau de supernova
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Imaginons qu'un fragment de supernova, fortement magnétisé, frôle la Terre. Le champ qu'il crée pourra être supérieur au champ terrestre et, localement, au champ qui règne à l'intérieur du noyau de fer de la Terre. Les deux dipôles tendront à se faire face ( comme le feraient deux aimants ). Le morceau de supernova tournera sur lui-même immédiatement pour faire face au dipôle terrestre, car son moment d'inertie est faible. Par contre son moment cinétique, par rapport au centre de la Terre pourra être plus important que le moment cinétique du noyau de fer de la Terre. Tout cela peut se calculer. Ainsi, au cours de sa trajectoire hyperbolique le morceau de supernova pourrait, alors que gravitationnellement son action restera faible, engendrer un mouvement de rotation du noyau de fer, lié à sa propre géométrie magnétique, comme l'aiguille aimantée est liée à sa géométrie magnétique ambiante. D'où à la fois une inversion des pôles magnétiques terrestres et un basculement du "spin", de l'axe de rotation du noyau de fer, qui se transmettrait à l'ensemble de la planète, de façon visqueuse, à travers le .. magma. Tout cela avec un joli cortège de tremblements de Terre et d'éruptions en tout genre.
La transmission visqueuse du moment cinétique du noyau de fer à son écorce de magma et sa croûte solidifiée pourrait être suffisamment progressive ( combien de temps cela prendrait-il ?Je n'en sais rien. Mais suffirait que ceci se chiffre en jours ou en semaines pour que le phénomène soit suffisamment "soft". Enfin, tout est relatif ....) pour que toute vie ne soit pas annihilée sur Terre automatiquement.
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On voit qu'il y a une multitude de sujets de recherche à envisager, simplement en se basant sur les fossiles d'évènements passés ( ici : le paléo-magnétisme terrestre). Il y a d'ailleurs des tas de "paléo-phénomènes" qui traînent dans tout le système solaire. On n'a que l'embarras du choix. Uranus a par exemple son axe de rotation pratiquement couché dans le plan de l'écliptique, et personne se sait expliquer pourquoi. Venus a une rotation sur elle-même rétrograde. Etc....
On voit mal comment tous ces symptômes pourraient être expliqués par des comportements autonomes des astres considérés. Mais les astronomes et astrophysiciens répugnent à invoquer l'action d'objets perturbateurs, à cause du côté "scénario catastrophe".
Il y a quelques années j'avais fait le voyage Pertuis-Marseille pour aller écouter un chercheur issu de Normale Supérieure, qui devait faire une conférence sur l'origine du champ magnétique terrestre. J'étais fort intéressé. Arrivé en avance j'avais commencé à discuter avec ce monsieur Perrichon de l'astrophysique. Qu'avait-il trouvé de si nouveau qui explique le titre alléchant de sa conférence ? Il n'avait pas l'habitude d'avoir en face de lui un véritable physicien des plasmas et mes questions bien ciblées firent vite émerger, avant même qu'il ne commence son séminaire, la triste vérité : il n'en savait pas plus que le premier venu. Mes questions l'avaient troublé au point qu'il se mit à bégayer, ce qui était assez gênant. Il parvint heureusement à retrouver un minimum de stabilité phonique avant de commencer son exposé.
Revenons à ce qui a motivé l'ouverture de ce dossier et ce titre. Il semble bien que le Soleil soit passablement en colère, "hors de lui", ces temps-ci. On a enregistré le 13 septembre dernier une des plus forte éruption solaire qu'aient connu les astronomes ( la plus forte enregistrée, de la classe " X 17 " date du 7 août 2005 ).
Classe de l'éruption |
Valeur de crête en watts
par mètre carré entre 1 et 8 Angstroms de longueur d'onde
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B |
I < 10-6 |
C |
10-6 < = I < 10-5 |
M |
10-5 < = I < 10-4 |
X |
I > = 10-4 |
L'image de l'éruption du 13 septembre, obtenue au coronographe est très spectaculaire :
Une gigantesque éruption solaire le 13 septembre
2005
( Je crois que l'objet en arrière-plan est Mercure )
Ce gif animé illustre très bien la façon dont se créent ces bouffées de particules à haute énergie, décrite dans le dossier de 2001. Une instabilité MHD provoque l'émergence d'une boucle de champ magnétique en dehors de la surface du Soleil. Celle-ci se dilate en donnant une arche magnétique. Le champ est plus fort aux deux "pieds" de cette arche. La surface du Soleil émet alors deux bouffées de plasma d'hydrogène. Ce tube de champ magnétique se comporte comme un double accélérateur de particules chargées. Des deux côtés ( là où se trouvent les "taches solaires" ) le champ est plus intense. La "pression magnétique" chasse alors les particules chargées qui sont fortement accélérées et entrent en collision au sommet de l'arche ( phénomène très visible sur ce film ). La température atteinte ( plusieurs millions de degrés ) est alors suffisante pour que ces particules échappent à cette bouteille magnétique. C'est l'éruption solaire dans toute sa terrible splendeur.
Le Soleil se révèle donc exceptionnellement actif ces temps-ci. Quelle influence ceci pourrait-il avoir sur le climat ?
L'effet pourrait venir d'une modification du comportement des hautes couches de l'atmosphère ( ionosphère ) quant à leur capacité d'absorbtion ou de réflexion de l'énergie solaire ( c'est très précisément ce que les Américains font avec l'ensemble HAARP, artificiellement ). Ainsi ce ne sont pas les sautes de la puissance du rayonnement émis par le Soleil qui pourraient modifier le climat de manière importante, mais l'action de rafales de vent solaire agissant sur les hautes couches atmosphériques. Tout cela étant assez imprévisible. Ce qui est sûr c'est que cela modifie l'albédo locale sur de vastes portions de la terre, la façon dont l'atmosphère absorbe et gère l'énergie reçue de l'étoile solaire. Une atmosphère qui deviendrait ainsi de plus en plus instable.
Qu'est-ce qui peut provoquer une recrudescence des éruptions solaires ?
On ne sait pas très bien ce qui les provoque, en fait, mais en toute logique ces éruptions devraient être très sensibles à des effets de marées, c'est à dire au champ gravitationnel créé par les planètes du système solaire et en particulier par les accroissements de champs liés aux conjonctions exceptionnelles. Il faut savoir une chose : l'effet de marée, qui déforme la surface du soleil ( et en fait toute sa masse ) est proportionnel à la masse de la planète et à l'inverse du cube de sa distance au Soleil. Ainsi le minuscule Mercure a le même effet que ... Saturne, parce qu'il est beaucoup plus près. Des astronomes plus instruits que je ne le suis pourront peut être nous renseigner sur la corrélation qui pourrait exister entre fréquence et intensité des éruptions et conjonctions, configurations planétaires.
J'ai enfin reçu d'un lecteur des statistiques établies "par un chercheur Indonésien", concernant l'accroissement de la fréquence des catastrophes naturelles de 1900 à nos jours. Ce graphique dénote une montée très significatif, mais ne disposant pas de sources identifiées je n'ai pas voulu le reproduire. A éclaircir si possible.
Voilà, j'ai du passer six bonnes heures à construire ce dossier. Passons à la suite.....
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Ci-après, ce que peut donner une tornade monstrueuse dans les grandes plaines canadiennes. Edmonton, 1987, 27 morts, 200 blessés.
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