6 NOVEMBRE 2018 : L'HISTOIRE DU PETIT OCTOGONE DORE.

 

Il ne faut pas trop compter sur moi moi donner des dates précises. Mais pour ce qui va suivre ça n'a guère d'importance.

Un jour, je crois que c'était Nicolas Lecot, me met en contact avec un jeune gars qui venait de connaître une aventure assez singulière. Je ne me rappelle plus de son nom. Toujours est-il que celui-ci s'était intéressé à l'affaire Ummo.

Le type avait un PC, sur une table, dans sa chambre d'étudiant. Un jour il fait un peu de nettoyage et découvre au dos de sa machine, collé, un petit objet fait d'une matière qui pourrait être assimilée à du laiton. Diamètre hors tout, disons, 3 mm. Forme : deux octogones d'un millimètre d'épaisseur, collés l'un sur l'autre, le second étant un peu plus petit. Je ferai un dessin, mais ça n'a pas grande importance pour ce récit.

Le type décolle l'objet et le pose sur une feuille de papier, sur son bureau. Puis il part déjeuner et sort en fermant la porte à clé.

Quand il revient, l'objet a disparu.

Quelques semaines passent. Pour une raison ou pour une autre il est appelé à démonter le haut parleur, externe, de sa machine. Et là il retrouve le même objet, cette fois collé sur la partie postérieure de la membrane de son HP. Cette fois il prends des précautions. Après avoir décollé l'objet il le loge dans une boite d'allumette qu'il enroule de ruban adhésif, loge le tout dans un tiroir fermé à clé, etc.

Il prend alors contact avec Lecot, Hombecq et moi, par mail.

Il y avait déjà eu plusieurs histoires de ce genre. Une autre me revient en tête et je vais la citer au passage. Un jour, j'habitais alors Aix-en-Provence, en ville, je reçois un envoi postal. On y trouvait une petite carte imprimée, argentée sur son recto. Elle portait une en-tête " Association des amis de l'espace", avec une adresse à Paris. Etait fixé sur la carte un petit cylindre en plastique souple, translucide, d'un centimètre de long et de 5 mm de diamètre, fixé par un élastique.

Ma foi, je pose ça sur une étagère et j'envoie simplement un courrier à l'adresse indiquée en écrivant "Bien reçu l'objet. Envoyez le mode d'emploi"

Pas de réponse ( ou la lettre revient avec "inconnu à l'adresse indiquée" ). J'opère une vérification. La société en question n'existe pas et l'adresse est bidon.

Bizarre ....

On peut se poser la question de l'envoi d'un tel objet et émettre l'hypothèse que ça pourrait être un traceur permettant de suivre le dit objet pendant quelques temps. Je me rappelle d'un texte ummite qui parlait d'un plastique qui émettait des neutrons pendans un certain temps, puis se transformait en une substance des plus ordinaires. Ceci permettrait ainsi de suivre à la trace cet objet, pour savoir ce que le type à qui on l'envoie en fait. Me concernant il est resté tout bêtement sur une étagère. Je n'ai pas fait suivre l'objet vers un laboratoire d'analyse sophistiqué, éventuellement lié à l'arme ou aux services secrets.

Je reviens à cette histoire d'octogone. Je me dis "pourquoi ne pas essayer, cette fois, de tenter d'effectuer des analyses poussées?".

Pour cela il faut disposer d'un filière qui puisse nous mener par exemple à une possibilité de scanner l'objet. Je pense à mon vieil ami Elio Flesia, en qui j'ai confiance et qui est au courant de toutes ces histoires. Il était à l'époque chargé des relations entre le Cnrs et l'industrie. Il se met donc en quête d'un labo et d'un bonhomme, fiable et discret, capable de faire ce travail. Ca prend des mois.

En attendant je décide de stocker l'objet de manière qu'il ne disparaisse pas. Je demande donc au type de me l'envoyer.

Dans les jours suivants je me rends chez Holbecq qui me dit :

- J'ai demandé que le gars m'envoie l'objet à mon domicile, ça sera plus sûr. Je viens de le recevoir.

- Si ça ne t'ennuie pas, je préfère le récupérer. Va le chercher.

- Mais .. ici, l'objet est en sécurité. Je l'ai mis à l'abri.

- J'insiste, remets le moi maintenant.

De mauvaise grâce Holbecq s'exécute. Il est visible que ça le contrarie beaucoup. Je me rends alors chez mon vieil ami Jacques Legalland, qui habite un village voisin. Je prends quelques précautions de principe et lui parle en pleine campagne, loin de toute possibilité d'écoute.

- Je voudrais que tu gardes pour moi cet objet, en le cachant soigneusement et que tu ne parles à personne de cela.

- Entendu.

Jacques est un type sûr à 100 %, d'un discrétion légendaire.

Six mois passent, au bout desquels Flesia finit par me recontacter, toujours de vive voix, pas par téléphone :

- J'ai trouvé le bonhomme qu'il nous faut. Il travaille dans un labo doté de puissants moyens d'investigation, dont un scanner à rayons X. Je lui ai dit qu'un chercheur avait ramené cet objet d'un labo russetravaillant dans l'informatique, en le piquant, et qu'on souhaiterait analyser la structure de ce qui nous semble être un nouveau composant. Je lui ai dit également qu'on souhaiterait que ceci soit fait dans la plus complète discrétion. Je pense que le gars tiendra parole. Je lui ai fait miroiter l'idée que son labo pourrait bénéficier de jûteux contrats pour ce genre d'analyse, à condition qu'on puisse compter sur une totale discrétion.

Je décide de donner suite et je me rends chez Jacques, qui n'a parlé à strictement personne de toute cette histoire. Jacques a un tempéremment de "hamster". Il est de ces gens qui stockent des masses ahurissantes de choses très variées, dans un désordre tout apparent, dans un vaste local. Pour un visiteur, cela ressemble à un immense débarras. Mais Jacques sait exactement où tout se trouve, et il est le seul à pouvoir s'y retrouver. Il me dit "pas de problème" et va vers une caisse en carton d'apparence très anodine portant la mention "matériel électronique Toshiba", emplie de débris d'appareils. Tout au fond, une enveloppe. Il l'ouvre.

Elle est vide ...

- J'avais mis cet objet dans cette enveloppe ...

Stupéfaction. Qui a pu récupérer cet objet? Comment, au passage, avoir pu le localiser dans ce désordre qui est une planque plus sûr que le plus sophistiqué des coffres ?

Voilà donc l'histoire du petit octogone doré.